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La génétique des couleurs du Russkiy Toy

Noir et feu, fauve charbonné, marron et feu, bleu : d’où viennent les robes du Russkiy Toy ? La couleur, c’est de la génétique, pas de la mode. Voici les bases, expliquées simplement, avec nos propres chiens en exemples.

Chez nos Russkiy Toys, on trouve des chiens noir et feu, d’autres fauve charbonné, d’autres aux reflets marron. Les futures familles nous demandent souvent pourquoi une portée donne telle ou telle couleur. Je ne suis pas généticienne de laboratoire, mais à force de tester mes chiens et de me former, j’ai compris l’essentiel, et j’aimerais vous le transmettre simplement. Car la couleur, chez le chien, n’est pas une affaire de mode : c’est de la génétique, quelques règles qui rendent tout plus clair une fois qu’on les a en tête.

Tout part de deux pigments

La couleur d’un poil vient d’un pigment, la mélanine, qui existe sous deux formes :

  • L’eumélanine : le pigment « foncé », noir par défaut.
  • La phéomélanine : le pigment « chaud », qui donne les tons rouge et fauve, du sable au roux soutenu.

Toutes les robes de nos chiens sont un dosage de ces deux pigments, et ce sont les gènes qui décident. Chacun occupe un emplacement précis sur un chromosome : on appelle cet emplacement un locus, et pour les couleurs, quelques loci suffisent.

Le patron qui définit la race : le noir et feu

La première chose à comprendre n’est pas une couleur, mais un patron : la façon dont les deux pigments se répartissent. Ce qui signe le Russkiy Toy, c’est le noir et feu (les généticiens parlent de tan-point) : un corps foncé, éclairé de marques feu bien placées, au-dessus des yeux, sur le museau, le poitrail et les pattes. C’est la robe de notre Midnight Lady et de notre jeune Vezymir-Ulk. Nous présentons la race en détail sur la fiche du Russkiy Toy.

À côté, une autre grande famille : le fauve charbonné, où le fauve domine tout le corps, saupoudré en surface de poils foncés, le fameux « charbonnage ». Ulyx, Oskar, Geroy et Tam-Tamara portent cette robe. Bon à savoir : le fauve l’emporte sur le noir et feu, si bien que deux parents noir et feu ne donneront jamais de chiot fauve, alors que deux fauves peuvent en cacher un.

Et le feu ? C’est la signature de la race. Toutes les robes reconnues portent du feu, ou sont entièrement fauve, rouge ou crème : un chien uni, tout noir ou tout bleu sans marques feu, n’est pas une robe admise. Voilà pourquoi « feux bien marqués » revient si souvent dans nos annonces.

Noir ou marron ? Le locus qui change la nuance foncée

Un autre locus décide de la couleur du pigment foncé lui-même. Par défaut noir, une version particulière du gène le transforme en marron (ou chocolat), partout où le chien est foncé, poils comme truffe : sur un noir et feu, on obtient un chien marron et feu ; sur un fauve charbonné, le charbonnage devient brun, comme chez notre Nargiz.

Astuce : pour deviner de quel côté penche un chien, regardez sa truffe. Bien noire, elle signe un pigment noir ; brune, elle trahit le marron. C’est ce que nous regardons dès les premiers jours, quand nous notons qu’un chiot « aura la truffe bien noire ».

Et le bleu, d’où vient-il ?

Il existe encore un locus, celui de la dilution : quand il est actif, il éclaircit le pigment foncé et le noir devient un gris-bleu profond. Sur un patron noir et feu, cela donne un chien bleu et feu, comme notre retraité Obiwan ; sur un chien marron, on obtient le lilas (ou isabelle).

Le bleu, comme toutes les robes diluées, mérite un mot de prudence côté santé. La dilution est associée à un risque d’alopécie des robes diluées (peau qui s’assèche, poil qui se clairseme, souvent à partir de six mois environ). J’insiste sur le mot associé : c’est un risque, pas une fatalité, et beaucoup de chiens dilués n’en souffrent jamais. Mais c’est une raison de plus de ne jamais courir après une couleur « rare » au détriment de la solidité du chien.

Pourquoi un chiot peut surprendre : dominant et récessif

Chaque chiot reçoit, pour chaque locus, une version du gène de son père et une de sa mère : on les appelle des allèles. Un allèle dominant s’exprime dès qu’il est présent ; un allèle récessif ne se voit que reçu en double. Un chien peut donc porter une couleur sans la montrer, comme le marron : une truffe bien noire peut cacher une copie de marron, invisible à l’œil, que seul un test génétique révèle.

Et c’est là que la couleur rejoint la santé, car beaucoup de maladies héréditaires fonctionnent comme lui : invisibles chez un parent porteur, elles n’apparaissent que si les deux parents transmettent la même copie. C’est pourquoi nous testons tous nos reproducteurs via Embark, plutôt que de croiser deux porteurs sans le savoir. La couleur est une belle porte d’entrée vers toute notre démarche de sélection.

Un exemple chez nous : la portée d’Oskar et de Lady

Rien ne vaut un vrai exemple. Nous avons marié Oskar, fauve rouge charbonné de noir, à notre Midnight Lady, noir et feu : deux parents au pigment bien noir, ni l’un ni l’autre marron. Et pourtant, nous avons annoncé cette portée « charbonnés de noir et de marron ». Comment ? Parce que, pour naître marron, un chiot doit recevoir une copie de marron de chaque parent. Si des chiots marron peuvent sortir de deux parents noirs, c’est donc que chacun en porte une copie cachée : un tel mariage de deux porteurs donne, en moyenne, un chiot marron sur quatre. De l’arithmétique, pas de la magie, et c’est pour ça que nous savons ce que nous marions. Vous retrouverez les couleurs de nos chiots sur la page de nos portées.

À part : Nargiz et Rubinka, le marron « à découvert »

Le cas de nos chiennes Nargiz et Rubinka est différent, et il ne faut pas le confondre. Toutes deux sont elles-mêmes marron (fauve charbonné de marron) : elles ne le portent pas en secret, elles l’affichent. Elles transmettent donc une copie de marron à 100 % de leurs chiots, tous au minimum porteurs. Là, un parent marron avéré et un parent porteur ne donnent plus un quart de chiots marron, mais la moitié. Toute la différence est là : entre porter une couleur et la montrer.

Ce que dit (et interdit) le standard

Ces robes ne sont pas admises au hasard : le standard FCI de la race en fixe la liste. Y figurent le noir et feu, le marron (brun) et feu, le bleu et feu, le lilas et feu, le rouge avec charbonnage (noir, bleu, marron ou lilas), ainsi que le rouge, le fauve et le crème. Il précise aussi que « la truffe est accordée à la robe » : noire sur un chien noir, brune sur un chien marron, gris-bleu sur un chien dilué.

Le standard dit aussi ce qu’il refuse. Le bringé (tigré) est éliminatoire, et surtout « toute couleur non prévue au standard » l’est également. C’est cette phrase qui exclut d’office le merle, ce pelage marbré à la mode ailleurs : un « toy merle » trahit presque toujours un croisement. C’est elle aussi qui écarte un chien uni sans feu. En dehors de ces exclusions, le standard ne pénalise que des broutilles : des marques feu trop étendues ou trop sombres, quelques petites taches blanches au poitrail ou aux doigts.

Un mot d’honnêteté pour finir. La tradition cynologique russe distingue encore d’autres nuances de charbonnage (robe chabraque, robe bandée), mais ce sont des finesses de vocabulaire d’éleveurs, pas des clauses du texte FCI. Et si tant de fiches se contredisent, c’est aussi que cette palette est jeune : les robes diluées et le crème ne se sont ajoutées qu’au fil des années 2000, et le standard n’a été adopté par la FCI qu’en 2017.

Une jolie robe ne fait pas un bon chien. Nous choisissons d’abord la santé et l’équilibre ; la couleur vient après.
La Nouknoukerie notre priorité de sélection

Les questions que l’on nous pose souvent

Peut-on prévoir la couleur des chiots à l’avance ?

On peut l’estimer en connaissant les robes des deux parents et ce qu’ils portent, mais jamais avec une certitude absolue : un allèle récessif caché réserve parfois une surprise. Nous annonçons les couleurs attendues, tout en restant prudents jusqu’à la naissance.

Peut-on lire la couleur d’un chien juste à l’œil ?

Pas toujours. Un chien rouge « uni » peut cacher un noir et feu, ou masquer tout le reste : à l’œil, les deux se ressemblent. Seul un test ADN tranche, et c’est pour cela que nous testons nos reproducteurs plutôt que de deviner.

Le Russkiy Toy existe-t-il en merle ?

Non. Le merle ne fait pas partie des couleurs de la race et tombe sous les couleurs non prévues au standard : un « toy merle » trahit presque toujours un croisement. On entend aussi que les chiens bleus ou lilas seraient fragiles : c’est une légende. Le vrai sujet reste la qualité de peau et de poil des robes diluées, un risque réel mais pas une fatalité.

En résumé

  • Deux pigments : l’eumélanine (foncé, noir par défaut) et la phéomélanine (fauve, rouge).
  • Un patron définit la race : le noir et feu. Le feu est la signature du Russkiy Toy ; une robe unie sans feu n’est pas admise.
  • Un locus change la nuance foncée (noir ou marron) ; un autre la dilue en bleu, ou en lilas sur un fond marron.
  • Le marron est récessif : deux parents à truffe noire peuvent donner un chiot marron (un sur quatre s’ils sont tous deux porteurs).
  • Le standard FCI fixe les robes admises et exclut le bringé comme le merle.
  • Les gènes récessifs se cachent : d’où l’intérêt du test génétique, pour la couleur comme pour la santé.

Découvrez nos chiens et leurs robes

Noir et feu, fauve charbonné, marron… nos reproducteurs illustrent chacune de ces robes. Venez les rencontrer, ou parcourez leurs fiches.

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